…ou du moins, juste mardi dernier !

Il y a des jours avec et des jours sans comme on dit. Mardi, c’était un jour sans.

Déjà, quand on a même pas posé le pied par terre et qu’on est déjà grincheux sans même savoir pourquoi, ça commence pas trop bien. Puis, quand on ouvre les rideaux et qu’on ne voit pas le haut des buildings, on se dit que la journée va être longue. Enfin, quand on regarde le sol et que l’on voit la neige transformée en une bouillabaisse dans laquelle des cochons ne voudraient même pas se rouler, on se dit que ce serait mieux si on refermait les rideaux et qu’on retournait sous la couette. Si seulement ! Grrrrr !

Je vous préviens tout de suite, c’est un article où je vais raler. Alors si vous ne voulez pas que je pourrisse votre journée, vous avez le droit de cliquer en haut à droite sur la petite croix pour fermer le blog.

Me suis préparée tant bien que mal et me suis pris la tête sur le blog car Monsieur WordPress ne dégnait pas publier mon article de lundi ce qui, figurez-vous, m’a mise en retard à mes cours. Une fois le nez dehors, me suis pris une tornade sur le coin du nez. Il pleuvait à grosses gouttes (il n’avait pas plu depuis début décembre !) sur les 8 cm de neige à moitié fondue, le tout, agrémenté d’un vent qui, du coin de la rue, guette le meilleur moment pour vous sauter dessus.

Ce qui est bien avec ce temps (restons un minimum positif hein), c’est qu’on ne vous voit pas. Alors si ce jour là, spécialement, vous avez une sale tête (ce qui est précisément le cas lors de jours merdiques comme celui-ci), c’est pas trop grave car personne ne vous verra sous toutes ces couches. Ba oui, comme ça caille et que ça mouille un max, en plus du bonnet, vous avez la capuche ET le parapluie, votre gros manteau le plus long, vos gants et vos plus belles bottes en caoutchouc qui montent jusqu’aux genoux. La classe hein ? Sauf que moi j’avais pas de parapluie…. re-grrrr !

Bref, je cours tant bien que mal jusqu’à la station de métro en essayant de ne pas me ramasser par terre. Je n’ai pas fait 20m que mes cheveux sont trempés comme si je sortais de la douche et mon visage dégouline. Mais peu importe, je suis en retard alors je fonce dans l’escalier car le gentil monsieur du métro s’apprête déjà à fermer les portes. Je pousse tout le monde gentiment avec des « sorry », « excuse me », des regards compatissants, les yeux de chien battu et ma bouche en « o » pour qu’on ne me prenne pas pour une malpolie ou un boulet de canon. J’arrive à me jeter dans le métro archi bondé à cette heure-ci, toute dégoulinante, décoiffée et essoufflée juste avant que les portes ne se referment en glissant quand même un petit « I’m sorry ». Mais on s’en fout , yes, j’y suis, je l’ai eu !!!
Et là, c’est le drame.
J’ai complètement oublié qu’on n’était pas à Paris là. On est tous d’accord pour dire que,

dans le métro parisien, tant que ça rentre, c’est qu’il y a de la place. Alors on pousse. Les gens râlent mais comme on fait tous la même chose, on subit et on colle sa joue contre la vitre, comme tout le monde, content d’avoir pu monter dans la rame. Sauf que les gens ici, ne se « jettent » pas dans le métro, ne s’agglutinent pas les uns aux autres comme des saucisses dans un sachet de knaki. Bref, ils ne se touchent pas. Pire. Les manteaux ne se touchent pas. Donc, pour résumer, d’un point de vue parisien, le train est bondé quand vous ne pouvez plus bouger un cheveu et, d’un point de vue New Yorkais, le train est bondé… lorsqu’il y  a 10 cm qui séparent votre manteau de celui de votre voisin.
Sauf que comme je me suis jetée dedans à corps perdu (et aussi à esprit perdu il faut croire), ça ne plait pas du tout car il y a eu « contact ». Je me suis mangé des regards qui ont bien failli me liquéfier sur place, des « pfff », des « roooo », des yeux froncés et un « damn, you can’t get an other train ?!? » Pfiouuuuuuu. J’ai bien failli lui décrocher un « fuck you and move your ass »  et lui expliquer comment on se vautre comme des sauvages dans le métro à Paris sans même dire pardon mais au lieu de ça, j’ai attaqué là où ça fait mal. J’ai fait du « contact » pour me mettre à mon aise et surtout faire ma chieuse. Je savais que ça plairait pas mais comme je sortais à la prochaine… Et puis zut, j’ai dit pardon quoi ! Ils devraient s’en remettre non, ils ne sont pas en sucre les New Yorkais non !

Une fois sortie le plus vite possible (sans me retourner de peur qu’on me jette des pierres), « le Bon Dien m’a puni » comme dirait ma p’tite mère. Je m’apprêtais à traverser lorsque je me suis fait éclabousser des pieds à la tête par un foutu taxi qui passait par là. Et comme je suis restée bête et bouche bée sur place, et qu’un taxi new yorkais ne se balade jamais vraiment tout seul, le taxi qui passait derrière m’a re-éclaboussée des pieds à la tête. Euh pour être plus précise, quand je dis des pieds à la tête, c’était en fait de la bouche jusque dans mes bottes. Oui, oui, avec la bouillabaisse dans laquelle des cochons ne voudraient même pas se rouler. Journée de merde je vous dis, et il était même pas 9h. Oura ! Y a des jours où il faudrait mieux vraiment rester sous la couette…